Le mot du jour

пожима́ть/ пожа́ть ру́куVerbes inperfectif/ perfectif
serrer la main

Exemple:
Я хочу́ пожа́ть ру́ку президе́нту.

Je veux avoir serré la main du Président.
pleurs

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Cinéclub Janvier 2017

afficheVous pourrez voir le 20 janvier au cinéclub un film de Emil Loteanu, réalisateur soviétique d’origine roumaine (1936-2003) "Un accident de chasse"   en russe Мой ласковый и нежный звер  (1978)

D'après la nouvelle de Tchékhov   Драма на охоте

Le vieux comte Korneev invite quelques amis dans une propriété délabrée afin de célébrer ses "adieux à la vie". Parmi les convives, un juge d'instruction à la retraite, l'intendant du comte, le beau frère de ce dernier.

Olenka, jeune sauvageonne, fille d'un forestier enfermé dans un asile, vient troubler par son ingénuité perverse les yeux et les coeurs des fêtards. De Diane chasseresse, elle deviendra bientôt biche aux abois...

Commentaires et bibliographie

"Tchékhov m'a toujours paru être un artiste émotif, ne reculant pas devant des changements de ton et de situation brusques et profonds. En Tchékhov il y a toujours un Shakespeare, toujours un arrière-plan fortement tragique. (...) Olenka Skvortsova - fille d'un forestier est une très jeune créature. J'ai voulu que le spectateur sente qu'elle est partie intégrante de la nature, qu'elle en est le prolongement direct sous la forme la plus accomplie et la plus harmonieuse. Et à la fin, avant de mourir, elle est envahie par une immense peine, face à un destin absurde et tragique." Emil Lotianou.

Emil Loteanu naît le 6 Novembre 1936 à Clocusna, tout au nord de la Roumaine, dans cette région frontière constamment revendiquée par les puissances voisines mais au parler latin hérité des légions romaines de Trajan. Le 28 juin 1940, la Roumanie doit abandonner ce territoire à l’URSS, sous la pression d’Hitler soutenant les revendications de son allié Staline. Emil dont une partie de la famille s’est réfugiée au sud des nouvelles frontières septentrionales de la Roumanie, acquiert une nouvelle culture tandis que sa langue d’origine s’écrit désormais en caractères cyrilliques. Il est engagé à dix-sept ans par la compagnie nationale théâtrale de Chişinau, ou plutôt Kichinev, capitale de la nouvelle République Socialiste Soviétique de Moldavie.

En 1954, Emil Loteanu est autorisé à suivre une formation de comédien à l’école d’art dramatique de Moscou (MHAT) puis il est admis au VGIK, l’institut d’état du cinéma soviétique, où il se forme à la réalisation. En 1960, il met en scène l’une de ses premières œuvres «Il était une fois un garçon» d’après «Souvenirs d’enfance» de l’écrivain roumain Ion Greangă. Il revient en Moldavie en 1962, pour travailler à la compagnie d’état «Moldova-film» pendant une dizaine d’années. Il alterne des documentaires et des fictions qui faute de faire l’unanimité chez les historiens, illustrent parfaitement la vision géopolitique de la Russie puis de l’Union soviétique sur cette région reconquise sur l’envahisseur turc à l’époque napoléonienne, comme dans «Attendez-nous à l’aube» (1963). Au début des années soixante-dix Emil Loteanu réalise «Les Lautari» du nom des traditionnels ménestrels de sa terre natale. Il travaille également en URSS à la Mosfilm, la «Cinecittà» moscovite créée par Staline. Il est ainsi à l’origine d’un autre grand succès: «Les Tziganes montent au ciel» (1976) d’après une nouvelle de Maxime Gorki. Y sont racontées les amours, à la fin du XIXème siècle, d’un boyard pour la Tzigane Rada qu’interprète avec beaucoup de talent Svetlana Toma, actrice fétiche de Loteanu. Elle est amoureuse du voleur de chevaux Zobar, joué par Grigore Grigoriu, fasciné à son tour par une blonde jeune fille, dans la Bucovine alors austro-hongroise. Deux ans plus tard Loteanu adapte une œuvre d’Anton Tchékhov: «Une partie de chasse» où Olga, incarnée par la toute jeune Galina Belyayeva aime Sergueï Kamychov mais épouse le vieil Ourbénine. Un accident de chasse mettra fin à leur passion. Enfin en 1983 le cinéaste tourne une coproduction internationale sur la vie de la danseuse étoile russe Anna Pavlova.

Le cinéaste retourne ensuite en Moldavie où il déploie pendant une dizaine d’années une activité intense. Il réalise notamment un téléfilm «L’étoile du matin» (1986) sur la vie du poète Mihail Eminescu interprété par Vasile Subcu. Il donne des cours d’art dramatique, fonde un théâtre, anime une émission télévisée intitulé «On cherche une étoile», crée une publication sur le cinéma: «La lanterne magique».

Emil Loteanu décède le 18 avril 2003, dans un hôpital moscovite. Ses restes reposent à Moscou au grand regret de ses compatriotes à Chişinau comme à Bucarest. Certes il a été un réalisateur très officiel. Il a cependant fait reconnaître, dans un contexte impitoyable, le talent cinématographique de cette lointaine petite contrée d’Europe, depuis toujours si malmenée par l’histoire, où l’on y parle une langue si merveilleusement proche de la nôtre et qui a de nouveau le droit de s’écrire en lettres latines.

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